Valorisation d’un restaurant

Comment valoriser un fonds de commerce de restaurant ?

Une valorisation sérieuse ne consiste pas à choisir entre un pourcentage du chiffre d’affaires et un multiple d’EBE. Elle consiste à croiser plusieurs lectures économiques, opérationnelles et de marché pour construire une valeur cohérente.

4 lectures complémentaires

Les principales approches de valorisation

Aucune approche n’est suffisante seule. L’intérêt vient du croisement des résultats et de l’explication des écarts.

Approche par le chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires peut fournir un repère de marché lorsque l’on dispose de références pertinentes par type de restauration. Il ne doit toutefois jamais être appliqué mécaniquement sans regarder la rentabilité, le loyer, les charges et la qualité de l’exploitation.

À utiliser comme repère, pas comme verdict.

Approche par la rentabilité / EBE

L’EBE permet d’apprécier la capacité de l’entreprise à générer un résultat économique avant certains éléments financiers et exceptionnels. Pour être utile, il faut comprendre les retraitements, la rémunération du dirigeant et les charges qui ne seraient pas reprises à l’identique.

La qualité des retraitements compte autant que le multiple.

Approche par le marché

Les affaires comparables apportent une lecture concrète des niveaux de prix observables : typologie de restaurant, emplacement, capacité, niveau de loyer, état de l’outil de travail et conditions locales de cession.

Les comparables doivent réellement être comparables.

Approche par la capacité de financement

Une valeur doit rester finançable par un repreneur crédible. L’apport, la dette possible, la capacité de remboursement et la rémunération attendue par l’exploitant servent de test de cohérence économique.

Un prix théorique non finançable reste difficile à défendre.

Retraitements

Comprendre ce que l’entreprise produit réellement.

Un compte de résultat est indispensable, mais il ne raconte pas toujours à lui seul ce que vivra le futur exploitant. Certains éléments doivent être analysés et, lorsque c’est justifié, retraités de manière transparente.

Rémunération du dirigeant

Identifier ce qui relève du fonctionnement normal de l’entreprise et ce qui dépend de la situation personnelle du dirigeant.

Charges non récurrentes

Distinguer les dépenses ponctuelles de celles qui continueront après la reprise.

Masse salariale

Mesurer la structure réelle de l’équipe, les postes clés et l’éventuelle dépendance à l’exploitant.

Loyer

Comparer le poids du loyer au chiffre d’affaires et aux standards locaux, en tenant compte du bail.

Travaux et CAPEX

Intégrer les investissements nécessaires à court terme pour maintenir ou développer l’activité.

Saisonnalité

Comprendre la concentration du chiffre d’affaires, les périodes de fermeture et la dépendance touristique.

Exemple de raisonnement

Deux restaurants au même CA peuvent avoir des valeurs très différentes.

Restaurant A

  • • Rentabilité régulière
  • • Loyer contenu
  • • Équipe stable
  • • Peu de travaux
  • • Exploitation autonome

Le repreneur dispose d’une marge de sécurité plus confortable.

Restaurant B

  • • Rentabilité faible
  • • Loyer élevé
  • • Forte dépendance au dirigeant
  • • Travaux importants
  • • Équipe à restructurer

Le même chiffre d’affaires ne justifie pas mécaniquement la même valeur.

Questions fréquentes

CA, EBE, multiples : les questions les plus fréquentes

Quel pourcentage du chiffre d’affaires utiliser pour valoriser un restaurant ?

Il n’existe pas de pourcentage universel valable pour tous les restaurants. Le niveau dépend notamment du type de restauration, de la rentabilité, du loyer, de l’emplacement, de l’état, de la saisonnalité et du marché local. Le chiffre d’affaires doit rester un repère parmi d’autres.

Quel multiple d’EBE appliquer à un restaurant ?

Il n’existe pas non plus de multiple unique. Le multiple dépend de la qualité et de la stabilité du résultat, du risque opérationnel, du bail, du besoin d’investissement, de la dépendance au dirigeant, du marché et de la capacité de financement du repreneur.

Faut-il retraiter l’EBE ?

Oui lorsque certains éléments ne reflètent pas l’exploitation qui sera réellement reprise. Les retraitements doivent être justifiés, documentés et compris par l’acquéreur ; ils ne servent pas à embellir artificiellement la rentabilité.

Le bail commercial peut-il faire baisser la valeur ?

Oui. Un loyer élevé, une durée résiduelle faible, une destination restrictive, certaines charges ou conditions contractuelles peuvent affecter l’attractivité et la capacité de financement du fonds.

Pourquoi intégrer la capacité de financement du repreneur dans la valorisation ?

Parce qu’une valeur de marché doit pouvoir être soutenue par des acquéreurs réels. Un prix incompatible avec la rentabilité disponible, l’apport attendu et le remboursement de la dette aura plus de difficulté à aboutir à une transaction.

Validation professionnelle

La méthode donne un cadre. Le dossier réel détermine la conclusion.

Les coefficients, multiples et comparables servent à éclairer la décision. La valeur retenue doit rester contrôlable et modifiable humainement selon les particularités de l’établissement.

Steeven Sanis

Conseiller immobilier

Steeven Sanis

Commerces • Restauration • Hôtellerie

Agent commercial indépendant pour le compte d’eXp Global France SAS (eXp Realty France)

RSAC Annecy n° 534 397 476

06 59 84 40 07

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Xavier Rich

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